Sans doute dopée par les sondages, Ségolène Royal multiplie les déclarations démagogiques pour flatter l’électorat de droite dont elle rêve de gagner les suffrages pour l’élection présidentielle. Après avoir proposé d’ouvrir, pour les jeunes en difficulté, « des établissements à encadrement militaire », elle vient de remettre en cause les 35 heures. Il y a peu, elle déclarait, agressant chômeurs et Rmistes,« Personne ne doit être payé à ne rien faire ». Les déclarations sécuritaires de Ségolène Royal lui ont valu les félicitations de Sarkozy se réjouissant, « C’est un soutien que j’apprécie » ! Ségolène Royal prétend répondre « aux souffrances » des plus défavorisés, mais pour cela faudrait-il encore se donner les moyens de mener une autre politique, démocratique et progressiste.
Des moyens pour l’éducation
Ce n’est pas en faisant appel à un encadrement militaire que l’on empêchera la délinquance de se nourrir des difficultés des jeunes auxquels la société n’offre pas d’avenir. Pour cela, il faut répondre au désarroi, à l’inquiétude, à la misère, au désespoir. Il faut que l’école ait les moyens de pallier les inégalités sociales et culturelles pour permettre une réelle « égalité des chances ». Cela veut dire pas plus de 15 enfants par classe de maternelle, pas plus de 24 élèves par classe dans les lycées et 18 dans l’enseignement professionnel comme le demandent les enseignants. Il faut aussi que dans les quartiers et les cités puisse se développer le mouvement associatif pour faire vivre une réelle vie sociale, culturelle, sportive permettant aux jeunes d’y trouver leur place pour en devenir des acteurs au lieu d’être rejetés, marginalisés, exclus. A l’opposé, une politique répressive et sécuritaire ne peut qu’aggraver la situation au détriment des jeunes et des classes populaires.
Répartir le travail
Il n’y a pas de politique démocratique et progressiste vis-à-vis de la jeunesse si la société n’est pas capable de garantir à tous un emploi et un revenu pour en finir avec la précarité, le chômage, l’exclusion. Aujourd’hui, les inégalités ne cessent de croître, dans le même temps que les profits augmentent.
Il est vrai que les 35 heures ont été accompagnées d’une dégradation des conditions de travail. Mais dire que cela est la faute des 35 heures est une démagogie réactionnaire que reprend à son compte la patronne du Medef, Parisot. Ce recul est la conséquence de la flexibilité, donnée par la gauche, en contrepartie, au patronat. Maintenant, ce dernier remet en cause les 35 heures pour généraliser la flexibilité en demandant la suppression de la durée légale du travail. C’est inacceptable.
Pour venir à bout du drame du chômage, il faut répartir le travail, diminuer le temps de travail, interdire les licenciements, garantir à tous un salaire et un emploi.
S’en prendre aux profits, pas aux classes populaires
La politique que défend Ségolène Royal se différencie difficilement de celle que propose Sarkozy parce qu’elle aussi se plie aux exigences des classes dominantes et refuse de s’en prendre aux profits. Pour faire face aux drames que connaît une fraction de plus en plus large des classes populaires ou aux difficultés de tous, il faut prendre le mal à la racine, s’attaquer aux inégalités en imposant une autre répartition des richesses.
Cela ne peut se faire par la démagogie et les petites phrases, mais bien par l’action collective des travailleurs et des jeunes pour répondre à l’urgence sociale et démocratique, leur mobilisation pour prendre en main leurs propres intérêts.
Depuis 2004, le Réseau éducation sans frontières dresse une muraille de solidarité pour protéger les élèves sans-papiers et leurs familles de l’expulsion. Son action rencontre un écho grandissant dans l’opinion. En témoignent les 40 000 signatures au bas de la pétition « Nous les prenons sous notre toit », l’engagement pris de « cacher les enfants menacés » par des personnalités mais aussi par de simples citoyens. C’est le succès de cette mobilisation qui a contraint N.Sarkozy à annoncer qu’il allait régulariser les élèves sans-papiers et leurs familles. Cette annonce n’a rien d’humanitaire. Elle relève de l’affichage politique et d’un coup médiatique. 1200 familles seraient concernées alors que le, ministère de l’intérieur dénombre, par ailleurs, 50 000 familles dépourvues de titre de séjour. Il est scandaleux d’exiger des enfants qu’ils ne parlent que le français. Les conditions draconiennes qui figureront dans la circulaire envoyée aux préfets conduit tout droit aux cas par cas, laissés à l’appréciation de préfectures qui doivent faire du chiffre pour que l’objectif de 25 000 expulsés soit atteint, avec en prime une forte incitation au retour.
La LCR réaffirme son soutien à la campagne lancé par RESF, exige la régularisation sans condition de TOUS les élèves sans-papiers et de leurs familles, l’arrêt des tracasseries administratives, des intimidations policières. Au-delà, c’est tous les sans-papiers qu’il faut régulariser. Le 6 juin 2006.
Sur le 22 de nombreuses familles sont menacées par le chasseur Sarkosy et les conditions dans lesquels s'effectuent cette chasse à l'homme à la femme et à l'enfant (cas de Lannion) tendent à montrer que la république "bleu-blanc-rouge" passe au brun puant !
loi Sarko=loi fascho 
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal rivalisent d’ardeur pour mettre le sécuritaire au centre de la campagne présidentielle. En visite à Bondy, la candidate socialiste est partie en guerre contre ce qu’elle appelle « la délinquance de masse ». Se plaçant sur le seul terrain sécuritaire, elle a préconisé la mise sous tutelle des allocations familiales, l’enfermement des jeunes scolarisés qui posent problème et l’embrigadement militaire. A son tour, S.Royal chasse sur les terres de la droite extrême. Ses « solutions » se situent dans le cadre d’un social-libéralisme sécuritaire. L’origine de ce qu’elle appelle « la délinquance de masse » c’est la pauvreté et la déshérence sociale qui touchent une partie de la jeunesse abandonnée à son sort par les politiques publiques depuis des dizaines d’années. L’urgent c’est une alternative politique qui s’attaque réellement aux questions sociales. La LCR condamne les propos de S.Royal. Rien ne sera possible sans la fin des vexations, humiliations, contrôles policiers à répétition auxquels sont soumis sans arrêt les jeunes des cités populaires. Tous les jeunes ont droit au respect de leur dignité : cela passe par le droit aux études pour tous, la fin des discriminations à l’embauche et dans la recherche d’un logement, l’instauration d’une allocation pour l’autonomie pour tous les jeunes, l’arrêt des expulsions. Le 1er juin 2006.

Les dividendes contre l’emploi
L’annonce par EADS de la fermeture de l’usine de sa filiale Sogerma, à Mérignac, soit la suppression de 1050 emplois, mais, en fait 6000, avec les répercussions chez les sous-traitants, est une nouvelle illustration des ravages de la politique des gros actionnaires et du gouvernement. EADS, trust de l’aéronautique, dont l’Etat est actionnaire, travaille en particulier pour la Défense nationale. Ses liens avec les hommes politiques sont étroits, comme le révèle l’affaire Clearstream. Cela donne la mesure de l’hypocrisie de Villepin quand il s’étonne et s’indigne d’une décision, préparée à la demande du gouvernement Jospin, et suivie par son propre gouvernement. Cette hypocrisie vise à gagner du temps, à désamorcer la révolte des salariés, à faire croire à l’opinion qu’il a une politique de l’emploi, mais elle ne résoudra rien. Villepin est bien incapable d’imposer quoi que ce soit à ceux dont il sert les intérêts. Pourtant, EADS connaît une hausse, record, de ses profits. Mais il n’est pas question de les investir de façon utile à la population et aux salariés. Ils servent à augmenter les dividendes (30% l’an dernier).
Les licenciements d'aujourd'hui : les profits de demain
Il y a là un concentré de la politique des patrons. Comme aussi dans ce licenciement, la semaine dernière, d’une femme embauchée avec un contrat nouvelle embauche, le CNE, après qu’elle ait dit qu’elle était enceinte ! La même semaine, DBApparel annonçait 450 licenciements dont 404 chez Dim. Puis, le groupe Stanley, la fermeture de l’usine d’outillage Facom, soit 229 licenciements. L’équipementier automobile Sandem, près de Rennes, la suppression de 150 à 200 emplois après les congés d’été. Le groupe italien Snaidero, la liquidation des usines Domoform, soit 376 emplois... Des milliers de vies humaines sont ainsi brisées pour que la Bourse puisse continuer de distribuer des milliards d’euros de dividendes, 30 en 2005, soit 40% de plus qu’en 2004. Pour que les Bourses ne s’effondrent pas, il faut toujours plus de profits pour nourrir les appétits de la finance qui dévore ainsi les richesses produites et sacrifie des millions de vies humaines.
Rompre la logique des profits
C’est cette politique qu’a si bien appliquée Edouard Michelin dont les classes dirigeantes portent le deuil. C’est lui qui avait fait monter l’action Michelin de 20% en annonçant le licenciement de 10% des effectifs. Licenciements face auxquels Jospin avait répondu, « L’Etat ne peut pas tout », se lavant les mains du sort des salariés. La suite a largement démontré que l’Etat pouvait tout, pour les patrons, en aggravant avec la droite son offensive contre les salariés. Les travailleurs, les jeunes en ont tiré les leçons en disant Non au référendum le 29 mai dernier puis en imposant le retrait du CPE. Face à la nouvelle vague de licenciements et d’attaques, il est nécessaire de construire la plus large unité pour faire échec à cette politique réactionnaire.

Côtes d'Armor-Section Saint Brieuc

